On regarde souvent la pelouse comme un décor : une surface verte qu'on tond le samedi et qu'on oublie le reste de la semaine. Elle rend pourtant des services moins visibles, à la ville qui chauffe, à la petite faune du jardin et à ceux qui s'y allongent. Lesquels tiennent vraiment, et à quelles conditions ?
Le gazon, le carbone et la qualité de l'air
Comme toute plante verte, le gazon absorbe du CO2 pendant l'activité photosynthétique de ses brins. Une partie de ce carbone ne repart pas : elle passe dans les racines, puis dans le sol, où elle s'accumule lentement sous une pelouse installée depuis longtemps. C'est un vrai service, mais un service modeste.
Le bilan carbone d'une pelouse dépend surtout de l'entretien. Une tondeuse thermique, des engrais azotés et un arrosage fréquent consomment de l'énergie et émettent à leur tour des gaz à effet de serre. Une pelouse tondue haut, peu fertilisée et peu arrosée garde l'essentiel de son gain ; une pelouse entretenue de façon intensive peut l'effacer. Un arbre ou une haie, qui fabriquent du bois, gardent sur la durée ce qu'une herbe coupée chaque semaine ne peut pas stocker.
Côté air, les brins d'herbe retiennent une partie des poussières en suspension, que la pluie lave ensuite vers le sol. L'effet est réel mais local : il se mesure au bord d'une rue, pas à l'échelle d'une ville.
Le gazon contre la chaleur en été
Une pelouse en pleine santé reste plus fraîche qu'une dalle de béton ou un enrobé au soleil. La raison tient à l'eau : la plante transpire, et l'eau qui s'évapore de ses feuilles emporte de la chaleur avec elle. C'est ce qui rend un parc agréable en fin de journée, quand les trottoirs voisins rayonnent encore.
À l'échelle d'un quartier, ces surfaces vertes atténuent l'effet d'îlot de chaleur urbain. Moins de chaleur accumulée autour des bâtiments, c'est aussi moins de besoin en climatisation, donc moins d'énergie consommée.
C'est tout l'enjeu des étés secs, où l'on doit choisir entre préserver l'eau et préserver la pelouse. Pour arbitrer, les règles d'arrosage d'une pelouse en période sèche détaillent ce qui reste permis, et ce qui ne sert à rien.
Le gazon, l'eau de pluie et le sol
Sous une pelouse, le sol reste vivant et perméable. La pluie s'y infiltre au lieu de ruisseler, comme elle le fait sur une cour bétonnée ou un parking. Moins d'eau part d'un coup vers les réseaux, et davantage recharge le sol en profondeur.
En traversant la terre et le chevelu des racines, cette eau laisse aussi une partie de ses impuretés. Le sol joue un rôle de filtre, imparfait mais utile, avant que l'eau n'atteigne les nappes. Les racines, enfin, tiennent la terre : sur un talus ou une pente, une pelouse bien installée limite l'érosion.
La biodiversité d'une pelouse dépend de la tonte
Une pelouse tondue ras chaque semaine, composée de quelques graminées seulement, accueille peu de vie en surface. Le sol, lui, en abrite davantage qu'on ne le croit : vers de terre, larves et petits insectes y vivent, et nourrissent les merles, les étourneaux ou le hérisson qui passe la nuit.
Quelques gestes simples changent beaucoup la donne :
- tondre plus haut, et moins souvent, pour laisser le temps aux fleurs de s'ouvrir ;
- tolérer le trèfle, les pâquerettes ou les pissenlits, que visitent les abeilles et les bourdons ;
- laisser une bande ou un coin sans tonte jusqu'à la fin de l'été, où les insectes trouvent abri et nourriture ;
- limiter les désherbants et les traitements, qui touchent aussi la faune du sol.
Une pelouse un peu moins nette est souvent une pelouse plus vivante.
Les bienfaits du gazon sur la santé et le bien-être
Les espaces verts, dont le gazon forme souvent l'essentiel, sont associés à un meilleur bien-être physique et mental. Une pelouse invite à sortir, à marcher, à jouer. Elle offre un lieu de détente et de rencontre, où l'on s'installe sans y penser.
Passer du temps au contact de la nature aide aussi à relâcher la tension. Pour les enfants, une pelouse est un terrain de jeu souple, où une chute fait moins mal que sur un sol dur.
Une pelouse jaunie perd aussi ses bienfaits
Quand le gazon jaunit, le premier réflexe est de s'inquiéter de l'aspect. Mais un gazon jaune n'est pas forcément un gazon mort. Tirez doucement sur une touffe : si elle résiste, la plante est vivante et en dormance ; si elle vient avec un feutre brun et friable, elle est morte et il faudra ressemer. La cause compte aussi, entre manque d'eau, urine de chien, maladie ou excès d'engrais, et le diagnostic d'un gazon jauni aide à la trouver avant d'agir.
Colorer une pelouse vivante mais jaunie lui rend son vert en une application, le temps d'une échéance ou d'un été sans arrosage. Le produit colore, et c'est tout : il ne soigne pas une maladie, ne nourrit pas la plante et ne remplace pas l'eau. Il ne rend pas non plus à la pelouse ses bienfaits : un gazon en dormance reste en dormance, même vert, et ne transpire ni ne rafraîchit davantage. Enfants et animaux peuvent y revenir une fois la surface sèche, et ce que la coloration change, et ce qu'elle ne change pas est détaillé à part.
Une seule application, sur gazon sec, même quand l'arrosage est interdit.
- Sans danger pour enfants et animaux une fois sec
- 1 L + 6 à 8 L d'eau = 100 m² de gazon