Des toiles blanches au cœur du buis, des feuilles rongées, une bordure qui se vide de l'intérieur : la première piste est la pyrale du buis. Elle se repère de près, en écartant les rameaux, et un buis bien installé peut repartir, à condition de le protéger de l'attaque suivante.
La pyrale du buis est un papillon de nuit venu d'Asie orientale, repéré en France en 2008, en Alsace. Ce n'est pas lui qui mange le buis : c'est sa chenille, verte rayée de vert foncé, à tête noire. Ramassez-la, taillez les rameaux atteints, et surveillez vos buis chaque semaine de mars à octobre.
Avant d'agir, prenez dix secondes pour regarder de près. Un buis qui brunit n'a pas forcément la pyrale : des champignons donnent de loin un aspect proche, et une taille par temps chaud peut aussi faire roussir le feuillage (Province de Liège). Écartez les rameaux et regardez le cœur de l'arbuste. Des feuilles grignotées, des fils de soie et des déjections orientent vers la pyrale ; leur absence oriente vers les autres raisons pour lesquelles un buis jaunit.
Chenille de la pyrale du buis : la reconnaître
En bref
La chenille de la pyrale du buis est vert clair, rayée en long de vert foncé, avec une tête noire luisante, des verrues noires et quelques poils blancs. Elle n'est pas urticante. Elle vit cachée dans des toiles, au cœur et dans le bas du buis.
Son corps vert clair porte des bandes longitudinales vert foncé, des verrues noires et de longs poils blancs isolés ; sa tête est noire et luisante (Département de la santé des forêts, Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse). Au dernier stade, elle mesure de 35 à 50 mm selon les sources.
Bonne nouvelle : elle ne pique pas. Ni la chenille ni le papillon ne présentent de risque d'urtication, à aucun stade, et on peut la manipuler sans crainte (Jardiner Autrement, PNR de Chevreuse). Rien à voir avec la processionnaire du pin.
Pour la trouver, il faut écarter les feuilles et inspecter le cœur de l'arbuste (bulletin de santé du végétal de Bretagne, mars 2026). Leurs toiles se voient plus facilement dans les parties basses ou intérieures du buis (Jardiner Autrement).
Papillon de la pyrale du buis : à quoi il ressemble
En bref
Le papillon de la pyrale du buis a des ailes blanches nacrées bordées d'une bande brune, avec des reflets violets, pour 36 à 44 mm d'envergure. Une forme entièrement brune existe, mais elle est rare. Il vole la nuit, l'été, attiré par la lumière.
Ses ailes sont blanches et translucides, bordées de brun, avec des irisations violacées ; une forme entièrement brune existe, mais elle est rare (PNR de Chevreuse, bulletin de Bretagne). Son envergure va de 36 à 44 mm.
C'est un papillon de nuit, visible tout l'été. Il est attiré par la lumière : près des forêts de buis, des nuées de papillons gênent parfois les soirées d'été (Département de la santé des forêts).
Le papillon, lui, ne mange pas le buis : ce sont les chenilles qui consomment le feuillage. La femelle pond sur la face inférieure des feuilles, par petits paquets de 10 à 20 œufs, d'abord blancs puis marqués d'un point noir à maturité (bulletin de Bretagne, PNR de Chevreuse). L'espèce, originaire d'Asie orientale, serait arrivée en Europe avec le commerce de buis ornementaux, et ses parasites d'Asie n'ont pas suivi (Jardiner Autrement).
Les signes d'une attaque de pyrale sur un buis
En bref
Une attaque de pyrale se repère à trois signes : des toiles de soie au cœur du buis, des déjections dans ces toiles, et des feuilles rongées jusqu'aux nervures. Le buis se dégarnit sans qu'aucune feuille ne tombe au sol.
Au jardin, les dégâts sont d'abord esthétiques : le buis brunit de la base vers le haut, puis se dégarnit (PNR de Chevreuse). Les indices qui orientent vers la pyrale :
- Des toiles de soie, dans lesquelles se trouvent les chenilles et leurs déjections (Jardiner Autrement, bulletin de Bretagne).
- Des feuilles rongées : les jeunes chenilles grattent la face inférieure, les plus grosses mangent la feuille entière et ne laissent que les nervures (PNR de Chevreuse).
- Une attaque par l'intérieur : la première génération commence au cœur du buisson, d'où des dégâts qu'on remarque tard (Canton de Vaud).
- De l'écorce rongée sur les rameaux verts, quand l'infestation est forte (Département de la santé des forêts).
Pas de toile ni de chenille, même au cœur du buis ? Cherchez une autre piste. Pour faire le tri entre les autres pistes, répondez à quelques questions sur votre buis : le diagnostic vous montre les causes qui restent possibles, chacune avec sa source.
Cycle de la pyrale du buis : quand surveiller
En bref
La pyrale du buis fait deux à trois générations par an selon le climat. Les jeunes chenilles passent l'hiver dans un cocon entre deux feuilles et reprennent leur repas vers la mi-mars. Surveillez vos buis une fois par semaine au printemps.
Selon le climat, d'après les FREDON et le Département de la santé des forêts. En plein été, elles se chevauchent et tous les stades sont présents en même temps.
Le cycle complet, de l'œuf au papillon, prend une quarantaine de jours à 20 °C (PNR de Chevreuse). Un arbuste peut être détruit en une seule saison (Jardiner Autrement). Le calendrier ci-dessous dit quoi regarder, et quand.
| Période | Ce que fait la pyrale | Ce que vous voyez | Le geste |
|---|---|---|---|
| Novembre à février | Repos. Jeunes chenilles dans un cocon de soie, entre deux feuilles | Peu de chose : des feuilles collées par de la soie | Retirer les cocons d'hiver et les détruire |
| Mars et avril | Réveil. Les chenilles reprennent leur repas vers la mi-mars | Feuilles grignotées au cœur, premières toiles | Inspecter chaque semaine, ramasser les chenilles |
| Avril à juin | Premier vol. Les papillons émergent, la mi-juin marque un pic | Papillons blancs bordés de brun, le soir | Poser un piège à phéromones dès avril pour dater le vol |
| Juillet à octobre | Tout à la fois. Les générations se chevauchent, deuxième pic de vol en juillet et août | Toiles, déjections, buis qui brunit par le bas | Continuer : ramasser, tailler, détruire les résidus |
Source : bulletin de santé du végétal de Bretagne (mars 2026), Département de la santé des forêts (2017), programme SaveBuxus (Plante & Cité), Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.
Le bulletin breton conseille d'inspecter les buis une fois par semaine. Il demande aussi de prévenir ses voisins si une plante est touchée ou si un papillon tombe dans un piège (bulletin de santé du végétal de Bretagne).
Premiers gestes contre la pyrale du buis
En bref
Contre la pyrale du buis, le premier geste est mécanique : ramasser les chenilles, tailler les rameaux atteints et détruire tous les résidus. Le Bacillus thuringiensis, produit de biocontrôle permis au jardin, vise les chenilles, surtout à la sortie de l'hiver.
Sur des buis isolés et une attaque légère, le ramassage des chenilles à la main est envisageable (bulletin de santé du végétal de Normandie). C'est fastidieux, mais c'est la base de toutes les méthodes.
- Écartez les rameaux. Les chenilles sont au cœur et dans le bas du buis, dans leurs toiles.
- Ramassez les chenilles. À la main : elles ne piquent pas.
- Taillez les rameaux atteints. Ceux qui portent des toiles et des feuilles rongées (Jardiner Autrement).
- Détruisez tous les résidus de taille. Ne les laissez pas entreposés à l'air libre, tels quels (Ville d'Aix-en-Provence).
- Revenez la semaine suivante. Une seule visite ne suffit pas, les générations se succèdent.
Le Bacillus thuringiensis var. kurstaki est le produit de biocontrôle que citent les sources officielles. Le premier traitement, en mars, à la sortie d'hiver des chenilles, est déterminant, et le produit doit atteindre le cœur du buis (programme SaveBuxus, INRAE). Il touche aussi les chenilles d'autres papillons (Canton de Vaud). Les pièges à phéromones servent surtout à savoir quand les papillons volent : ils n'éliminent pas une infestation massive.
Côté prédateurs, les mésanges et les chauves-souris mangent désormais la pyrale, comme le frelon asiatique et d'autres guêpes (SaveBuxus, Plante & Cité, Province de Liège). Un nichoir aide, sans suffire à freiner une pullulation. Les lâchers de trichogrammes, eux, n'ont rien apporté de plus que le Bacillus seul dans les essais SaveBuxus.
Deux points de règle. Depuis le 1er janvier 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter, utiliser ni stocker de produits phytopharmaceutiques de synthèse ; le biocontrôle, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique restent permis, dont le Bacillus (DRAAF Centre-Val de Loire). Et la pyrale n'est pas un organisme réglementé. Classée danger sanitaire de troisième catégorie, elle n'impose aucun traitement : la lutte relève de l'initiative privée (réponse du ministère de l'Agriculture au Sénat, 2018). Quant à la bouillie bordelaise, parfois conseillée, c'est un fongicide : ses usages autorisés visent des maladies, aucun un insecte (base Ephy de l'Anses).
Buis mangé par la pyrale : peut-il repartir ?
En bref
Un buis bien installé a de solides réserves dans son bois : la première année, même fortement attaqué, il peut repartir, à condition d'être protégé d'une nouvelle attaque. Les défoliations répétées, elles, finissent par tuer le buis.
Un buis dévoré n'est pas forcément un buis mort. Les buis implantés possèdent de solides réserves dans leur bois et, la première année, ils peuvent repartir normalement, même fortement attaqués, à condition d'être protégés d'une nouvelle attaque (Jardiner Autrement). Le buis refeuille en général la saison suivante (Département de la santé des forêts).
Le piège, c'est la repousse. La pyrale attaque volontiers les buis pendant qu'ils refeuillent, et les nouvelles pousses sont mangées à leur tour. En forêt, en Bourgogne-Franche-Comté, 60 % des cépées de buis suivies étaient mortes fin 2022, et la majorité des buis vivants n'avaient refeuillé que très partiellement (Département de la santé des forêts, 2023). Rien ne garantit qu'un buis vidé deux années de suite reparte, ni quand.
Si le buis est perdu, mieux vaut ne pas replanter de buis au même endroit et préférer d'autres espèces, peu sensibles à la pyrale (Canton de Vaud). Attention au houx crénelé, que certains conseillent à sa place : il a déjà été attaqué en France (bulletin de Bretagne). Une haie mêlant plusieurs espèces limite le risque (Ville d'Aix-en-Provence).
Et la peinture ? La peinture pour haies ne lutte pas contre la pyrale et ne remplace pas une feuille mangée. Après l'attaque, EdenColor peut s'appliquer sur un buis vivant dont le feuillage restant a terni ou bruni. Elle colore, et c'est tout.
Une application par temps sec, sur un feuillage encore vivant.
- Sans danger pour enfants et animaux une fois sec
- 1 L + 6 à 8 L d'eau = 100 m² de gazon