Les algues ont bonne presse au jardin : on les vend en poudre, en granulés ou en flacon, pour la pelouse comme pour le potager. Leur réputation oscille entre le remède ancien et le produit miracle. Que peuvent-elles vraiment faire pour un gazon, et que ne feront-elles jamais ?
Les algues, ancêtres des plantes du jardin
Bien avant les premières plantes terrestres, les algues vertes peuplaient déjà les océans. Les végétaux de nos jardins, gazon compris, descendent de ces lignées aquatiques : ils en ont hérité la chlorophylle et le principe même de la photosynthèse. C'est ce lien de parenté qui rend l'idée séduisante, comme si l'algue parlait la langue de la plante.
L'usage n'a rien de neuf. Sur les côtes bretonnes et normandes, on ramassait le goémon rejeté par la mer pour l'épandre sur les champs, bien avant les engrais de synthèse. Ce que le jardinier achète aujourd'hui en jardinerie prolonge cette tradition, sous une forme plus pratique et plus régulière.
Les algues comme engrais et amendement du sol
Employées en engrais, les algues apportent surtout de la potasse et un large éventail d'oligo-éléments, en quantités modestes. Elles sont en revanche pauvres en phosphore, et leur azote reste limité : un engrais d'algues pur ne remplace pas un engrais gazon complet au printemps. Il vient plutôt en complément, ou sur un sol déjà bien pourvu.
Leur second intérêt tient à leur texture. Les algues contiennent des mucilages, ces substances gélatineuses qui aident les particules du sol à s'agréger. Un sol mieux structuré retient mieux l'eau et laisse mieux passer l'air vers les racines, ce que le gazon apprécie sur une terre trop sableuse ou trop tassée.
Les extraits d'algues, plus biostimulants qu'engrais
La plupart des produits à base d'algues vendus pour la pelouse ne se présentent plus comme des engrais, mais comme des biostimulants. La nuance compte. Un engrais nourrit la plante en lui apportant des éléments minéraux ; un biostimulant l'aide à mieux utiliser ce qu'elle trouve déjà, et à mieux encaisser un stress.
Les extraits d'algues renferment des sucres, des acides aminés et des composés proches des hormones végétales. Selon les fabricants, ils favorisent l'enracinement, la reprise après une période de chaleur ou une meilleure tolérance au froid. Les résultats varient beaucoup d'un sol, d'un climat et d'une pelouse à l'autre : un biostimulant accompagne une pelouse en bonne santé, il ne ressuscite pas un gazon épuisé.
Comment utiliser les algues sur une pelouse
Les algues donnent le meilleur d'elles-mêmes sur un gazon vivant, en période de pousse. Quelques règles simples suffisent :
- Choisissez la bonne saison. Le printemps et le début de l'automne, quand l'herbe pousse et que le sol reste frais.
- Appliquez sur un sol humide. Après une pluie ou un arrosage, pour que les éléments descendent vers les racines.
- Respectez la dose de l'étiquette. Forcer la dose n'accélère rien et gaspille le produit.
- Laissez du temps. L'effet se juge au bout de plusieurs semaines, jamais le lendemain.
Poudre ou liquide, le principe reste le même : les algues agissent par la plante, donc au rythme de la plante.
Algues et coloration de la pelouse, deux outils différents
Un gazon qui jaunit n'a pas toujours besoin d'être nourri. Manque d'eau, urine de chien, maladie ou excès d'engrais donnent des taches qui se ressemblent, et le diagnostic d'un gazon jauni aide à trouver la cause avant d'agir. Si la touffe résiste quand on tire dessus, la plante est vivante ; si elle vient avec un feutre brun et friable, elle est morte et il faudra ressemer.
Algues et coloration ne répondent pas à la même question. Les algues travaillent sur la santé de la plante, lentement, et ne rendent pas son vert à un gazon en dormance qui manque d'eau. La coloration fait l'inverse : EdenColor est une peinture pour gazon, utilisable aussi sur les haies : elle dépose une couleur en une application, et rien d'autre.
Le produit ne soigne pas une maladie, ne nourrit pas la plante et ne remplace ni l'eau ni un regarnissage. Enfants et animaux peuvent revenir sur la pelouse une fois la surface sèche. Ce que la coloration change, et ce qu'elle ne change pas est expliqué en détail, pour choisir le bon outil au bon moment.
Une seule application, sur gazon sec, même quand l'arrosage est interdit.
- Sans danger pour enfants et animaux une fois sec
- 1 L + 6 à 8 L d'eau = 100 m² de gazon