Une branche de thuya roussit au milieu d'une haie encore verte, ou tout un sujet grisaille puis sèche sur pied. Maladie, insecte, ou simple manque d'eau ? Avant de traiter, de couper ou d'arracher, la forme des dégâts dit presque toujours de quel côté chercher.
Un thuya qui sèche souffre plus souvent de mauvaises conditions que d'une maladie : manque d'eau, gel, urine, engrais, taille trop courte. Les vraies maladies existent aussi, comme le Phytophthora, qui fait pourrir les racines dans les sols mal drainés. Pour trancher, on regarde où le brun apparaît, comment il avance, et ce que cache l'écorce.
Lire la forme des dégâts sur une haie de thuyas
Un champignon, un insecte et un coup de sec ne laissent pas la même trace. Avant toute chose, faites le tour de la haie et notez ce que vous voyez, sujet par sujet. Ces quatre schémas couvrent la grande majorité des cas.
- Un sujet entier qui ternit, puis les voisins un par un : on pense d'abord aux racines, donc au Phytophthora ou à l'eau qui stagne.
- Des branches isolées qui brunissent sur un sujet par ailleurs vert : un chancre, un scolyte ou un bupreste coupent la sève à un endroit précis.
- Les pointes seulement, au printemps : une brûlure des pousses ou une chenille mineuse.
- Toute une face, à la même hauteur, sur plusieurs sujets : le soleil, le vent, le gel ou le manque d'eau, pas une maladie.
Trois gestes complètent l'observation. Pliez un rameau bruni : souple et vert sous l'écorce, il vit ; cassant et sec, il est mort. Grattez l'écorce au pied avec l'ongle : le bois vivant est clair, un bois brun-roux au collet est mauvais signe. Enfin, secouez une branche au-dessus d'une feuille blanche et regardez si de minuscules points se mettent à bouger.
Les maladies qui font sécher un thuya
Phytophthora, la pourriture des racines
Le Phytophthora est un organisme du sol, longtemps classé parmi les champignons, qui fait pourrir les racines. Il prospère dans les terres lourdes, tassées ou gorgées d'eau, et dans les parties basses du jardin où l'eau stagne après la pluie. C'est une maladie grave, qu'il faut écarter en premier quand des sujets meurent.
Le feuillage perd d'abord son brillant et prend une teinte gris-vert, terne, puis jaunit et brunit sur tout le sujet. Au collet, sous l'écorce grattée, le bois est brun-roux au lieu d'être clair. Les racines sont noirâtres et leur écorce se détache facilement. Surtout, la maladie avance le long de la haie : un sujet meurt, puis son voisin, toujours dans la même zone.
D'autres champignons attaquent la partie aérienne. Ils profitent presque toujours d'un thuya déjà affaibli, par le manque d'eau, le gel ou une taille qui a laissé des plaies, et d'un feuillage qui reste humide dans une haie trop serrée.
Pestalotiopsis et Seiridium, les chancres des rameaux
Des rameaux ou des branches brunissent çà et là, sans ordre apparent. En regardant de près les écailles mortes, on voit de minuscules points noirs : ce sont les fructifications du champignon. Seiridium, connu comme le chancre du cyprès, peut aussi toucher le thuya : il forme sur l'écorce une zone déprimée qui suinte parfois de la résine, et tout ce qui est au-dessus sèche.
Kabatina et Didymascella, les maladies des pousses et des écailles
Kabatina fait sécher l'extrémité des jeunes pousses à la fin de l'hiver ou au printemps, sur quelques centimètres, le reste du rameau restant vert. Didymascella, surtout présent sur le Thuja plicata et les jeunes sujets à l'ombre et à l'humidité, brunit les écailles une à une et y laisse de petits points sombres qui tombent en laissant des creux. Les dégâts commencent souvent par les branches basses.
Scolytes, bupreste, acariens : les ravageurs du thuya
Les insectes et les acariens laissent des indices plus concrets que les champignons : des trous, de la sciure, des galeries, du miellat ou des toiles. Une loupe et une feuille blanche suffisent pour la plupart.
- Scolytes du thuya : de petits coléoptères qui creusent sous l'écorce des rameaux et des branches. Les pointes brunissent et cassent, l'écorce porte de petits trous ronds, parfois un peu de sciure. Ils s'installent surtout sur des sujets déjà affaiblis.
- Bupreste du thuya : ses larves creusent des galeries plates sous l'écorce, et des branches entières sèchent une à une. Les trous de sortie, sur le tronc, ont une forme de D.
- Mineuse du thuya : une petite chenille vide l'intérieur des pointes. Au printemps, les extrémités brunissent et, vues à contre-jour, elles paraissent creuses.
- Acariens : par temps chaud et sec, le feuillage se couvre d'un fin piqueté jaunâtre puis prend une teinte grise ou bronzée, souvent avec de fines toiles. Ce sont eux qui bougent sur la feuille blanche.
- Pucerons et cochenilles : des colonies sur les rameaux, ou de petits boucliers blancs collés aux écailles. Le feuillage devient collant et se couvre d'un dépôt noir, la fumagine.
Manque d'eau, gel, urine, engrais : les faux airs de maladie
Beaucoup de thuyas soignés comme des malades souffrent en réalité de leur environnement. Ces causes ne laissent ni points noirs, ni trous, ni sciure, et elles suivent une logique de lieu : une face, une hauteur, un passage.
- Le manque d'eau brunit les extrémités et la face exposée au soleil ou au vent, après un été sec, sur plusieurs sujets à la fois. Les racines du thuya restent près de la surface, là où la terre sèche en premier.
- Le gel et le vent d'hiver dessèchent la face exposée quand le sol gelé empêche les racines de boire. À ne pas confondre avec le bronzage d'hiver, uniforme et réversible, que détaille notre article sur l'entretien des végétaux l'hiver.
- L'urine de chien et le sel brûlent le pied de la haie, toujours au même endroit, près d'un portail, d'un trottoir ou d'une route.
- L'engrais ou le désherbant roussissent les sujets peu après l'épandage, souvent le long d'une pelouse ou d'une allée traitée, quand les granulés touchent le collet ou que la dose est trop forte.
Si le brun correspond exactement à l'endroit taillé l'an dernier, ce n'est pas une maladie non plus : le vieux bois du thuya ne repart pas. Chacune de ces causes, et l'indice qui la trahit, est reprise sur notre page de diagnostic du thuya.
Que faire d'un thuya malade : couper, drainer, remplacer
La plupart des problèmes du thuya se règlent par des gestes de jardinier plutôt que par un produit. Ils valent pour les champignons comme pour les ravageurs, et ils corrigent au passage ce qui a affaibli la haie.
- Coupez le bois mort. Par temps sec, bien en dessous de la partie brune ou du chancre, dans le bois sain, en nettoyant l'outil entre deux sujets.
- Évacuez les déchets. Branches malades et sujets arrachés partent en déchetterie, jamais au compost ni en paillis au pied de la haie.
- Réglez l'eau du sol. Drainez les zones où l'eau stagne ; arrosez longuement et rarement plutôt qu'un peu chaque jour, au pied et non sur le feuillage.
- Aérez la haie. Une taille légère et régulière laisse passer l'air et sèche plus vite le feuillage après la pluie.
- Remplacez avec une autre espèce. Après un Phytophthora, ne replantez pas de thuya au même endroit : choisissez une espèce moins sensible, ou une haie mélangée.
Faites appel à un professionnel, paysagiste, élagueur ou pépiniériste, quand plusieurs sujets meurent à la suite, quand le tronc porte des trous ou des galeries, ou quand la cause reste introuvable. Un diagnostic sur un échantillon coûte moins cher que le remplacement de toute une haie, et c'est à lui de dire si un traitement a un sens.
Peindre un thuya malade : les limites de la coloration
La peinture pour haies ne soigne rien. Elle ne tue ni champignon ni insecte, ne ramène pas un rameau mort à la vie et ne ralentit pas un Phytophthora : sur une haie qui dépérit, elle masquerait seulement les signes qu'il faut justement surveiller. Un thuya mort ou malade ne se rattrape pas avec de la couleur.
Elle a sa place une fois la cause trouvée et réglée, sur une haie vivante qui garde des plaques brunes le temps de se refaire. Elle redonne alors une teinte verte au feuillage, et elle part avec les branches taillées. Pour savoir si votre haie en est là, notre page sur la haie brûlée ou morte vous aide à trancher avant tout achat.
Une application par temps sec, sur un feuillage encore vivant.
- Sans danger pour enfants et animaux une fois sec
- 1 L + 6 à 8 L d'eau = 100 m² de gazon