Un jardin se tient par petites touches plus que par grands chantiers. Mais par où commencer quand il faut s'occuper à la fois des massifs, d'une haie, d'une pelouse, et d'étés de plus en plus secs ? Six gestes couvrent l'essentiel, dans l'ordre où ils se posent.
Choisir des plantes adaptées au sol et au climat du jardin
L'entretien commence avant la première plantation. Un végétal installé dans un sol et sous un climat qui lui conviennent réclame moins d'eau, moins de traitements et moins de soins qu'une plante qu'on force à vivre ailleurs. Avant d'acheter, regardez ce que vous avez : terre lourde ou sableuse, plein soleil ou mi-ombre, hivers doux ou gelées franches.
La disposition compte autant que le choix. Délimiter les zones (massifs, pelouse, arbres, allées) évite de tondre autour d'obstacles et d'arroser au même endroit des plantes aux besoins opposés. Regroupez celles qui boivent beaucoup près du point d'eau, et laissez les plus sobres là où le tuyau n'arrive pas.
Pour une haie ou un massif sans contrainte, certains arbustes restent peu exigeants une fois installés. L'arbousier, le troène et le laurier-tin en font partie : ils poussent sans excès et se contentent d'une taille légère.
Préparer et nourrir le sol du jardin
Un sol sain est la base de tout le reste. Il retient mieux l'eau et les éléments nutritifs, et les racines y descendent plus profondément, ce qui rend la plante moins dépendante de l'arrosage.
- Désherbez régulièrement. Les herbes indésirables disputent l'eau et la lumière à vos plantes. Arrachées jeunes, avant de monter en graines, elles ne reviennent pas toute la saison.
- Ameublissez la terre. Sur un sol tassé, l'eau ruisselle au lieu de pénétrer. Un griffage en surface suffit dans les massifs.
- Enrichissez avec du compost. Le compost ou un engrais organique nourrit la vie du sol et améliore sa structure, pas seulement la plante.
- Paillez les pieds. Une couche de paillis limite l'évaporation et freine la repousse des herbes indésirables.
Arroser le jardin quand l'eau est restreinte
En été, l'arrosage devient le premier poste d'entretien, et c'est aussi celui que la loi encadre. En période de sécheresse, le préfet peut limiter les usages de l'eau par arrêté, selon quatre niveaux : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. L'arrosage des jardins est généralement restreint à partir de l'alerte, et l'arrosage d'agrément n'est plus autorisé en crise. Seul l'arrêté en vigueur fait foi, et il change en cours de saison : la situation de votre commune se consulte sur vigieau.gouv.fr.
Quand l'arrosage reste permis, arrosez tôt le matin ou le soir, quand l'eau s'évapore moins vite. Mieux vaut arroser moins souvent mais en profondeur : un arrosage léger et quotidien garde les racines en surface, un arrosage copieux et espacé les pousse à descendre chercher l'humidité.
La pelouse, elle, supporte le manque d'eau mieux qu'on ne le croit. Une graminée privée d'eau entre en dormance : elle jaunit, arrête de pousser, et garde ses racines vivantes jusqu'au retour de la pluie. Ce qu'il est possible de faire pendant ce temps, arrêté par arrêté, est détaillé sur la page consacrée à la sécheresse et aux restrictions d'arrosage.
Certains choisissent de peindre leur pelouse jaunie pour qu'elle garde son aspect le temps de l'attente. Une peinture pour gazon rend la couleur, et rien d'autre : elle ne nourrit pas l'herbe, ne remplace pas l'eau et ne fait pas revivre un gazon mort.
Entretenir la pelouse : tonte, engrais et regarnissage
La pelouse demande des passages fréquents, et chacun compte. Une tonte trop rase expose le sol au soleil et affaiblit l'herbe. Une lame émoussée déchire la pointe des brins au lieu de la couper : la pelouse blanchit, puis jaunit dans les jours qui suivent. Tondre souvent et haut vaut mieux que tondre rarement et ras.
L'engrais demande un épandage régulier : trop d'azote au même endroit brûle les racines. La scarification retire la mousse et le feutre accumulés au pied des brins, à réserver au printemps ou à l'automne, quand l'herbe a la force de repartir. Regarnir ou ressemer ne se justifie que sur la terre nue, et suppose d'arroser régulièrement jusqu'à la levée, ce qui devient impossible sous restriction.
Quand une zone jaunit, cherchez la cause avant de traiter. Des lignes droites trahissent l'épandeur d'engrais, une tache ronde bordée d'un liseré vert foncé le passage d'un chien, une plaque qui s'étend d'une semaine à l'autre une maladie. Chaque cause, avec l'indice qui permet de la reconnaître sur le terrain, est décrite sur la page de diagnostic du gazon jauni.
Surveiller les parasites et les maladies des plantes
Un tour du jardin chaque semaine suffit à repérer la plupart des problèmes avant qu'ils ne s'installent. Feuilles enroulées ou collantes, taches, jaunissement localisé, rameaux qui sèchent : ce sont les premiers signes. Retournez aussi quelques feuilles, c'est au revers que se cachent pucerons et acariens.
Plus on agit tôt, plus le traitement reste léger. Coupez les parties atteintes, et ne les mettez pas au compost : la maladie y survivrait. Contre les parasites, commencez par les méthodes douces, comme favoriser les auxiliaires : les coccinelles et leurs larves se nourrissent de pucerons.
Tailler régulièrement arbustes, haies et massifs fleuris
La taille entretient la santé des plantes autant que leur allure. Supprimer le bois mort ou malade (c'est d'ailleurs la seule taille conseillée pour entretenir ses végétaux l'hiver) stimule la repousse et évite qu'une maladie gagne le reste de la plante. Sur les plantes à floraison remontante, retirer les fleurs fanées encourage de nouvelles fleurs.
Pour une haie, une taille régulière et modérée vaut mieux qu'une coupe sévère de rattrapage. Certaines espèces, comme le thuya, ne repartent pas du vieux bois : une coupe trop profonde laisse des trous bruns qui ne reverdiront pas. Évitez aussi les tailles sévères au printemps, quand les oiseaux nichent. Si votre haie brunit ou jaunit malgré tout, les pages consacrées aux haies aident à identifier l'espèce et la cause avant d'agir.
Une seule application, sur gazon sec, même quand l'arrosage est interdit.
- Sans danger pour enfants et animaux une fois sec
- 1 L + 6 à 8 L d'eau = 100 m² de gazon